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La guerre de 1870, vue à travers le regard des artistes.

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14 Juin

La guerre de 1870, vue à travers le regard des artistes.

La guerre de 1870, même si elle est aujourd’hui méconnue, est restée dans l’esprit des français, jusqu’à la première guerre mondiale, comme une tragédie. Aucun combat n’avait eu lieu sur le sol métropolitain depuis la fin du 1er Empire (1815). Néanmoins l’armée française a combattu en Crimée (Bataille de Malakoff le 7 septembre 1855), en Italie (Bataille de Solferino le 24 juin 1859) et sur le sol mexicain.
Durant la première moitié du 19ème siècle, les peintres représentent les batailles et surtout les victoires, de la Révolution et de l’époque napoléonienne. Ces tableaux mettent en scène les généraux ou les personnages connus. Le soldat sert alors de faire-valoir, l’éclairage est mis sur celui qui dirige, sur celui qui est sorti vainqueur.
Durant le Second Empire, même si la peinture officielle lors des campagnes de Crimée et d’Italie perdure, le réalisme (peindre ce qui existe sans l’idéaliser) apparait.

La défaite en 1871 bouleverse la société. Les héros français de cette guerre, sont ceux qui ont résisté, qui ont combattu ou qui ont péri. Les peintres vont alors porter leur choix sur des anonymes. Ce mouvement avait débuté avec Edouard Manet qui en 1866 surprend et séduit avec son tableau « Le fifre ». Les combats même perdus, les exactions, les incendies, les morts, la perte de l’Alsace et de la Lorraine sont des sujets qui ont été utilisés par les artistes dans tous les domaines : de la littérature à la chanson, dans la peinture, la photographie et la sculpture. La guerre va transformer certains peintres en soldats et modifier ainsi leur perception et représentation de la guerre. Certains vont périr sur les champs de bataille (Bazille, Regnault,….).

Après « l’année terrible », le salon de 1872 verra l’apparition d’œuvres en lien avec les évènements. Jusqu’au début du 20ème siècle, des artistes interprèteront cette guerre avec des variantes suivant les évolutions de la vie politique et de la vision de guerre. Des commandes publiques aux fêtes locales, ce thème sera largement représenté mais avec des variantes : la valorisation du soldat anonyme, la douleur et la détresse, l’image de la patrie d’opposant à l’ennemi, la montée du patriotisme ou des mouvements pacifistes ou encore à la revanche.
C’est aussi, dans l’art, la fin des conventions, de la hiérarchisation des genres et le début de l’élargissement des sujets.

De même le fonctionnement du salon change par rapport aux années précédentes :
Réduction du nombre d’œuvres présentées : 5434 sectionnées en 1870 contre 2067 en 1872.
Changement des membres du jury : initialement des artistes ayant déjà exposé alors qu’à partir de 1872, seuls les médaillés constituent le jury.
Les tableaux présentant la guerre de 1870 sont regroupés, non pas dans la thématique « Histoire » mais « scène de genre ».
Lors de ce salon, seulement 1,7% des œuvres présentées traitent des évènements récents. Parmi celles-ci, 70 sont retirées, essentiellement des œuvres réalistes ou allégoriques.
Plusieurs raisons peuvent être invoquées :
Pour ne pas froisser les prussiens dans un but diplomatique.
Pour orienter le salon vers des œuvres plus académiques et rejeter les mouvements artistiques émergeant : les artistes réalistes et les impressionnistes qui eux aussi sont absents du Salon de 1872.

Au fil des années en fonction des changements politiques, le message va évoluer.
De 1873 à 1876, la France a un gouvernement politique orienté vers l’ordre moral. Le salon de 1874, voit alors, en résonance, le grand retour des tableaux figurant la grande histoire. En réaction, 30 artistes vont exposer 165 œuvres au public, du 15 avril ou 15 mai 1874, dans l’atelier de Nadar.
Le succès politique des Républicains en 1876 va voir l’émergence de cette nouvelle vague lors de l’exposition universelle de 1878.

Dans les salons entre 1872 et 1914, le nombre d’œuvres ayant pour thème la guerre de 1870 va se réduire mais ce thème ne va pas néanmoins disparaitre.
L’héroïsme de Jeanne d’Arc face à l’ennemi est repris par beaucoup d’artistes alors qu’elle était tombée dans l’oubli depuis la révolution. Le patriotisme et l’espoir de revanche va progressivement apparaitre.

Les nouvelles techniques de reproduction de documents (journaux, brochures, manuels scolaires, cartes postales) permettent une réalisation à moindre coût, ainsi les représentations des grands événements historiques vont être présentes dans les foyers. Les gravures, lithographies et cartes postales vont être imprimées en grande quantité et diffuser ces scènes de bravoures ou des vues des villes détruites.

La photographie est peu utilisée en 1870 car elle nécessite un temps de pose long (environ 5 minutes) qui est incompatible avec le mouvement. Elle concerne essentiellement des portraits individuels ou en famille et parfois les artistes l’utilisent à la place d’un croquis.

 

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